Les avocats de Marine Le Pen saisissent le Conseil supérieur de la magistrature après une interview de Didier Guérin
Publié le | Modifié le
Les avocats de Marine Le Pen ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) au sujet des déclarations de Didier Guérin, magistrat honoraire à la Cour de cassation, qui estime que la présidente du groupe Rassemblement national est toujours inéligible dans l’attente de l’examen de son pourvoi en cassation.
Dans un entretien publié par Le Monde le 28 octobre 2026, Didier Guérin considère que le pourvoi formé par Marine Le Pen n’a pas suspendu l’exécution de la peine de cinq ans d’inéligibilité prononcée en première instance le 30 mars 2025. Selon lui, cette peine continuerait donc à s’appliquer malgré la réduction à quinze mois de la durée d’inéligibilité prononcée en appel le 7 juillet 2026.
Les avocats de Marine Le Pen contestent cette analyse et estiment que les déclarations du magistrat honoraire contreviennent à son devoir de réserve, en développant, selon eux, des considérations juridiques à finalité politique. Ils ont saisi le CSM sur ce fondement.
Cette interprétation diverge de celle exprimée le 9 juillet par le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz. Sur France Inter, celui-ci avait estimé que le pourvoi en cassation ne faisait pas « revivre » le jugement de première instance et sa peine d’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire.