La Commission ad hoc Gouvernance de la justice est présidée par Loïc CADIET, membre de l'Institut Universitaire de France, Professeur à l'Ecole de droit de la Sorbonne - Université Paris I, Directeur du Département de Recherche sur la Justice et le Procès (IRJS) et Secrétaire général exécutif de l'Association Internationale de Droit Judiciaire.
L'administration de la justice fait partie des impensés de la réflexion politique aussi bien que de la réflexion juridique. Pourtant, les réformes incessantes (remise en question permanente des règles de procédure, évolution des rôles respectifs des acteurs de justice, refonte de la carte judiciaire, effets de la loi d’organisation des lois de finances et de la révision générale des politiques publiques, évaluation européenne et internationale de la qualité des systèmes de justice, …) soulèvent clairement et fortement la question de la gouvernance de la justice. Il est donc temps de porter un diagnostic lucide sur l’état du système français de justice, dans toutes ses dimensions, depuis l’échelon local jusqu’à l’échelon national, soumis à la quadruple pression aléatoire du politique, qui peut céder à la tentation de l’instrumentaliser, des médias, qui donnent des images contrastées de l’institution, de l’économie, qui peut conduire à y voir une administration comme les autres, et de la technologie, qui peut présenter le risque d’en déshumaniser l’exercice et de porter atteinte à la confidentialité de certaines informations, sans oublier la pression, interne, du corporatisme. Il est temps d’installer durablement dans le paysage institutionnel français, celui d’une démocratie devenue adulte, une justice respectée, en mesure de répondre à la demande sociale dans un double souci de gestion efficiente des deniers publics et des exigences du procès équitable dans le respect du principe de la séparation des pouvoirs. La commission, composée de spécialistes des questions de justice, venant de tous les horizons, réunis par le souci du bien commun au-delà de leur sensibilité politique propre, devrait être en mesure de préconiser des mesures de nature à faire consensus sur la manière de concevoir l’organisation et le fonctionnement d’une justice de qualité, dégagée des enjeux politiques partisans.
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