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Les Femmes dans le Monde du Droit – Point de vue d’avocat(e)s

Les femmes juristes sont partout. Elles sont Garde des sceaux, à la tête du FMI, du Barreau de Paris, du CNB, de la Cour d’Appel de Paris, de l’ADLC, Secrétaire Générale d’Air France ou d’Accor, Professeurs des universités, managing partners de cabinets d’affaires, entrepreneuses individuelles. Ces femmes rendent hommage à celles qui leur ont ouvert la voie et montré l’exemple par leur force et leur ténacité. Simone Veil bien sûr, mais aussi Simone Rozes, première (mais toujours seule) femme Présidente de la Cour de cassation en 1984, Jeanne Chauvin, première femme à avoir prêté serment en 1900 (alors que les femmes ne disposaient pas du droit de voter), et tant d’autres.

Le monde du droit plait aux femmes, 55% des avocats sont des femmes, 65,5% des magistrats, 45% des notaires, 35% des huissiers et plus de 67% des juristes d’entreprises le sont également. Ces chiffres sont en constante hausse, les hommes ne représentant qu’un tiers des inscrits en faculté de droit1 et n’occupant qu’à hauteur de 20% les bancs de l’ENM.
La seule donnée statistique ne suffit pas à saisir la véritable incidence actuelle et à venir de cette féminisation des métiers du droit.

Pour ce qui est du présent, les femmes et les hommes ne plébiscitent toujours pas les mêmes spécialités, n’occupent pas (encore) indifféremment les mêmes postes et ne perçoivent pas toujours la même rémunération. Ainsi, dans les hautes sphères de la magistrature, les femmes se raréfient soudainement, il en est de même parmi les associées des cabinets d’affaires, et les juristes d’entreprises exerçant à des postes de direction. Dans un milieu professionnel ultra féminisé le plafond de verre est donc poussé à son paroxysme. Il existe même quelques rares cabinets parisiens dits d’affaires sans femmes associés. C’est regrettable, quand on sait que les femmes dirigeantes sont des atouts de prospérité pour les entreprises2.

Face à ce constat, on observe une recrudescence des réseaux féminins dans le monde du droit que ce soit dans les institutions, les entreprises ou les cabinets. Certains cabinets mettent en place des programmes de carrière destinés aux femmes. D’autres travaillent avec certaines associations comme, FEMMES AAA+, qui s’est donnée pour mission de promouvoir les femmes avocats et/ou juristes comme administrateurs dans les conseils d’administration. Des réseaux similaires sont créés par les juristes, les magistrates ou les huissiers comme en témoignent par exemple les dîners de femmes de l’AFJE ou encore la création de l’Association des femmes huissiers de justice.

L’avenir assez proche sera celui d’une supériorité numérique absolue des femmes exerçant le droit, faute de combattants du sexe opposé puisque les jeunes hommes désertent la faculté de droit. Cette situation va aboutir à une majorité féminine par défaut, sans avoir résolu les problèmes qui ont conduit à l’absence d’homogénéité actuelle.

La parité est essentielle et c’est précisément ce qu’attendent ceux qui consomment le droit : une diversité dans la réflexion, la stratégie, la combinaison des avis, des sensibilités et des approches qu’elles soient féminines et masculines. C’est vers cette véritable mixité qu’il faudrait tendre en incitant les hommes à retourner vers les métiers du Droit et les jeunes femmes à gravir les échelons.

Par Valérie Lafarge Sarkozy et Stéphanie Smatt Pinelli, avocats, Cabinet Altana

1 A Paris, 7 élèves avocats sur 10 sont des femmes

2 Le Rapport du FMI « Les Femmes, atouts de postérité »,  Septembre 2017 https://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2017/09/pdf/bloom.pdf

Valérie Lafarge-Sarkozy

Valérie Lafarge-Sarkozy

Avocat à la Cour, Altana

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