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Le Palais de la découverte ?

Le nouveau tribunal de Paris, situé dans la ZAC des Batignolles, a ouvert ses portes le 16 avril dernier. Depuis, pas un jour ne passe sans que les réseaux sociaux ne se fassent l’écho d’un nouveau dysfonctionnement lié à ce bâtiment. Avocats enfermés dans des salles d’audience, greffiers isolés, alarmes qui se déclenchent de manière intempestive, ascenseurs en panne, etc., l’immeuble suscite bien des critiques et des indignations. Les avocats, dans leur rôle de défenseur des libertés, sont d’ailleurs souvent en première ligne pour dénoncer ces malfaçons de toutes sortes qui, selon eux, constituent une entrave à l’exercice de leur profession. Ils ne peuvent plus circuler librement dans ces nouveaux locaux où le badge est obligatoire et les instances représentatives de la profession semblent prendre conscience, au fur et à mesure de l’installation dans ces nouveaux lieux, de nouvelles difficultés. Il faut cependant se souvenir qu’au mois de décembre 2005, il y a bientôt treize ans, la Commission « droits de l’Homme » du Conseil national des barreaux (CNB) alors présidée par l’avocat parisien Gérard Tcholakian, avait présenté un rapport d’étape sur l’architecture des palais de justice. Car, avant celui de Paris, d’autres barreaux avaient alerté la représentation nationale sur le réaménagement des lieux de justice. Un questionnaire avait été adressé aux 181 barreaux français et, des réponses recueillies, il ressort que la plupart des problématiques qui surgissent aujourd’hui à propos du tribunal de Paris avaient déjà été identifiées, ailleurs. Prenons un seul exemple, parmi d’autres : sur l’accès aux Palais les week-end, le rapport mentionne que 84 barreaux avaient répondu qu’il était « difficile, voire impossible d’accéder au Palais pour les avocats ». Ce rapport d’étape, présenté en fin de mandature, concluait que le CNB devait prendre des initiatives pour revendiquer la place de la profession d’avocat dans les projets de la Chancellerie et dans le quotidien des Palais. Il invitait la mandature suivante à le faire et à poursuivre les travaux ainsi amorcés. Malheureusement, comme souvent, la mandature suivante, accaparée sans doute par d’autres questions, n’en fit rien. Les avocats parisiens, qui semblent aujourd’hui « découvrir » les défauts de ce Palais, qui n’est pas vraiment le leur, doivent le regretter.

 

Par Anne Portmann, Journaliste pour la Lettre des juristes d’affaires et pour Droit et Patrimoine,
Vice-présidente du Cercle des journalistes juridiques

 

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